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Les nouveaux cuistres  Petite note d'humeur ou les nouveaux cuistres - 1er octobre 2009 Voici quelques années, séduit par le 4ème de couverture, j'achetais "l'élégance du hérisson" de Mme Murielle Barbery (je note au passage : idée excellente, mais pas mal gâchée). Lors de la lecture, j'ai découvert un nouveau (tout du moins en ce qui me concerne) un nouveau substantif : le "paradigme". 1/ La concierge veut "paraître le paradigme de la concierge d'immeuble". 2/ "Déjà on tient le début du paradigme" si tu veux gâcher ta vie à force de ne rien entendre de ce que les autres te disent" occupe toi des plantes vertes".
Plus récemment dans une interview (excellente au demeurant) de M Frédéric Lordon, j'ai lu que ce dernier, concernant l'activité bancaire, condamne le fait que "l'on reste dans le paradigme du "laisser faire et surveiller" alors qu'il faudrait basculer dans celui du "l'interdire et rembobiner" !
Bien sûr, dans le contexte on peut comprendre ou deviner ce que les auteurs ont voulu dire. (Concernant Frédéric Lordon, le plus simple eut été de se contenter des guillemets !). Cela étant, j'ai voulu connaître l'exacte signification du terme et, pour ce faire, j'ai consulté le dictionnaire culturel d'Alain Rey qui me dit, concernant les paradigmes : - Notion de grammaire : ensemble de formes conjuguées.
- Ensemble des termes qui peuvent figurer en un point de la chaîne parlée avec des substitutions.
- Ensemble de notions, de réalités ayant un sémantisme commun (synonimes, contraires, etc).
Même si je crois savoir que la sémantique consiste en l'étude su sens, de la signification des mots ou du langage, je dois avouer qu'Alain Rey ne m'a guère éclairé.
Je restais donc dans mon ignorance crasse, mais redécouvrant le paradigme dans la traduction depuis l'hébreu de la remarquable "somme" de M Shlmo Sand "Comment le peuple juif fut inventé", j'ai poursuivi mes recherches grâce à Google et j'ai été gâté, je cite au hasard : - L'avez-vous remarqué ? on emploie ce mot souvent sans trop savoir de quoi il en retourne précisément.
- Modèle cohérent de représentation du monde.
- L'ensemble des termes qui peuvent se substituer les uns aux autres = modèle.
- Est paradigme ce que l'on montre à titre d'exemple, ce que à quoi on se réfère comme à ce qui exemplifie une règle et peut donc servir de modèle.(Encyclopédia Universalis)
- Selon F de Saussure (père paraît-il du paradigme), un paradigme est par défaut un paradigme linguiste.
- Enfin selon Thomas Kuhn, plus récemment en 1962, Pour rendre compte de l'allure discontinue du progrès dans la connaissance, avance une notion qui n'a cessé de faire fortune, sans doute à cause du flou qui entoure son usage : celle de paradigme.
Je pense qu'il vaut mieux arrêter là et conseiller aux intellectuels ou aux cuistres de tout bord de relire modestement leurs classiques : "ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement" et de laisser l'usage du schlmiblick, pardon du paradigme à M Guy Lux. |
|   Les nouveaux cuistres, suite et, hélas, pas fin - 19 janvier 2010 Lu dans "l'Improbable" (hélas) de janvier 2010, un papier d'un certain M André Tosel, philosophe de son état, professeur à l'Université et apparemment d'obédience marxiste. Je cite :
Notre monde est le corrélat immédiat de cet étant singulier qu'est jeté en lui, là, il est le résultat permanent de son activité qui est production et élaboration d'un terrain artificiel de plus en plus complexe. C'est la pluralité humaine qui est mise en péril, tout comme le monde inconnu dépérit dans un acosmisme politique nouveau.
Malgré une lecture attentive et le soutien du "Dictionnaire Culturel de la Langue Française" d'Alain Rey, je n'ai rien compris ! "Monde inconnu" ? "Acosmisme" = théorie qui nie le monde sensible ...
Ce charabia me rappelle une discussion que j'ai entendue à l'occasion de la soutenance de thèse de mon ex-maître à penser, Maurice Montuclard :
À l'issue de l'exposé du récipiendaire, les auditeurs ont subi un long échange de vues entre le récipiendaire et le président du jury, M Raymond Aron. Alors que le sujet de thèse était les "Comités d'Entreprise", l'échange n'a été qu'un galimatias fumeux avec des termes abscons très probablement inconnus du dictionnaire. À l'époque, Maurice Montuclard m'avait tranquillisé, me disant qu'il ne s'agissait que d'un "jeu" tout aussi simple qu'inoffensif !
Quoique qu'il en soit, je pense m'abstenir de la rencontre avec M André Tosel, programmée le 20 mars prochain par l'Improbable".
PS : Selon le dictionnaire précité, "cuistre" = pédant vaniteux et ridicule. |
|   Les nouveaux cuistres (suite ...) - 1er mai 2010 Interview, ce matin, de l'architecte M Claude Parent, aux réalisations duquel une exposition serait organisée à Paris. M Claude Parent qui aurait eu pour élève M Jean Nouvel, fut, selon le présentateur, un précurseur de l'architecture contemporaine, en anticipant, sans avoir pu la connaître, la "conception par l'informatique" et sans attendre "les nouvelles connaissances" que nous avons aujourd'hui concernant la "physique des matériaux", ayant inventé la "fonction oblique". Malgré 45 ans d'activités diverses dans le "bâtiment",en qualité d'ingénieur civil des Ponts et Chaussées et en collaboration avec de très nombreux architectes, j'avoue à ma grande honte, ne pas connaître la "fonction oblique", ni même savoir ce que cela peut vouloir dire : Oblique selon Alain Rey, "qui s'écarte de la verticale, de la perpendiculaire à une ligne ou à un plan ; contraire du direct ou du droit". (Ce que je traduirais par : "qui s'écarte du plus court") Fonction : je ne pense pas qu'il puisse s'agir du sens d'une "fonction" liée à un emploi, une activité comme "technicienne de surface", président de la République ou "première dame de France". Reste la définition mathématique : "relation qui existe entre deux quantités variables" qui s'écrit généralement y=f(x) ; relation qui peut être dérivable dy/dx ou intégrable ∫f(x)dx. Dans "l'art de construire", ces définitions de la "fonction oblique" ne nous éclairent pas quant à sa nature.
Cela étant, la plupart des architectes avec lesquels j'ai travaillé se définissant comme "urbanistes" (ce qui a permis l'éclosion des "cités", "grands ensembles" et autres "villes nouvelles"), peut-être peut-on découvrir la nature de la "fonction oblique" dans l'urbanisme ? Je me souviens d'ailleurs à ce sujet qu'à la fin des années 40, notre professeur d'architecture, M Toury, architecte en chef des BCPN, nous demandait de réfléchir sur l'ennui généré dans une ville par les trop longues lignes droites, les angles droits (donc par conséquent les parallélépipèdes). Il prenait pour exemple la ville de New-York, dans laquelle "Broadway" tracée en courbe à travers les "rues" et "avenues" à angles droits a monopolisé toute la vie et l'activité culturelle de la ville. Ne connaissant pas cette dernière, je ne peux en juger tout en constatant que le quartier Saint-Jean à Lyon est fichtrement plus "vivant" que le 6ème arrondissement. Si effectivement la "fonction oblique" est une notion intéressant l'urbanisme telle qu'évoquée par M Toury, force est de constater qu'elle a été hélas oubliée par les concepteurs du nouveau quartier du confluent à Lyon, où triomphent les parapéllépipèdes, pardon les "monolithes".
Enfin, outre sa découverte de la "fonction oblique", M Claude Parent aurait été le premier d'avoir le courage de contester les conceptions architecturales de Le Corbusier. Effectivement, je n'ai pas été convaincu par les réaisations de ce dernier lors d'une récente visite : Entre autres, salles de séjour transformées en serres tropicales en été ainsi que les bureaux exposés plein ouest sans la moindre protection solaire devant de grandes glaces en guise de murs extérieurs. Cela étant, on peut rappeler que le "petit peuple" de Marseille qualifiait la 1ère "cité radieuse" de "maison du fada". À la même époque, M Toury, encore lui, tout en reconnaissant des qualités certaines à des réalisations particulières comme le pavillon suisse de la Cité Universitaire de Paris ou la chapelle de Ronchamp, était, dans ses cours, très critique concernant les conceptions de Le Corbusier.
PS : Peut-être un jour aurais-je l'occasion de contempler la cathédrale de M Claude Parent. Peut-être devinerais-je alors ce qu'est la "fonction oblique" ? |
|  | | chef-d'œuvre de la "fonction oblique" ! Quesaco ? |
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